Grand-mère

Sage-femme

3:35 min. - Témoignages de deux sages-femmes mohawks, Jennifer Stonier et Katsi Cook.

Transcription

Jenifer Stonier - Je crois sincèrement que le mot « sage-femme » porte bien son nom. C’est un travail privilégié qui permet d’assister à des miracles tout le temps. Cela parce qu’il permet de préparer pour la femme sur le point d’accoucher, tout l’espace nécessaire, un espace à l’intérieur duquel elle fera tout ce qui est possible pour bien y arriver. En lui réservant cet espace, on se trouve à privilégier une relation sincère avec elle; on apprend à la connaître.
Et ça va dans les deux sens. Il ne s’agit pas d’une « relation d’aide » traditionnelle, mais plutôt d’un service. Aider une personne signifie qu’elle a besoin d’aide et ne peut pas s’aider elle-même. C’est un jeu de pouvoir. Un aidant aidera quelqu’un qui n’est pas aussi fort que lui. Ici, ce n’est pas le cas. La sage-femme fait plutôt équipe avec la future mère. Elle l’accompagne avec son expertise et ses connaissances, en respectant tout ce que cette femme sait. C’est plus une relation de réciprocité, un service bidirectionnel. En ce sens, la sage-femme reçoit autant qu’elle donne.
Le travail de sage-femme est d’accompagner la femme dans son espace, dans son processus, dans ce qu’elle vit et de renforcer sa confiance. Mais pour y arriver, il faut soi-même être confiante, ce qui, à mon avis, est une façon d’être, une façon d’être essentielle à l’accomplissement de tout ce qui doit être fait.
Katsi Cook - Dans nos cérémonies, il y a une occasion où on intervient sur la femme enceinte pour que l’enfant n’ait pas le cordon ombilical enroulé autour du cou à la naissance. Au terme, le fœtus doit avoir pu se positionner correctement pour l’accouchement à venir. Ce principe découle de nos enseignements traditionnels. On sait que, surtout durant les deux derniers mois de la grossesse, le bébé est influencé par tout ce que la mère entend, voit et dit, bref par tout ce à quoi la mère est exposée. Il apprend même les bases du langage, c’est-à-dire qu’il perçoit, dans l’utérus, le modèle linguistique de sa mère. Autrement dit, l’enfant commence l’apprentissage du langage avant d’être né. C’est un concept admis de nos jours dans le domaine de la périnatalité et de la science. Pourtant, les cultures indigènes traditionnelles l’ont toujours su. Ils ont toujours compris que ce à quoi était exposée la mère influençait également l’enfant. D’où cette idée généralement admise à travers le monde qu’il faut garder la femme enceinte la plus heureuse possible.
Musique - Kathia Rock

Femme assise par terre dans un champ près de Kahnawake au Québec
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