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Grand-mère

Initiation des filles mohawks

10:20 min. - Cérémonie d’initiation pour marquer le passage de fille à femme chez les Mohawks d’Akwesasne

Transcription

Louise McDonald - Dans notre culture, nous croyons que l’élément masculin est le feu et nous concevons que l’homme puisse travailler le feu. Quant à l’élément féminin, c’est l'eau. Ainsi, une partie du rite de passage des jeunes filles vers leur vie de femme consiste à les reconnecter à l’eau, l’eau que contiennent nos corps, l’eau dans laquelle nos enfants viennent au monde. Les jeunes filles sont retournées à l’eau symbolisée par l’écoulement de la rivière où elles doivent se baigner. Ensuite, nous les ramenons, nous les purifions dans des tentes à suer et nous les baignons à nouveau pour les rafraîchir. Une fois habillées de vêtements cérémonieux, elles s’en vont danser toutes seules dans leur hutte. Il est très important qu’elles sachent qui elles sont : leur identité, leur histoire et celle de leur famille. Une partie de ces rituels les aide justement à comprendre et à réfléchir dans la solitude. Quand on ne sait pas qui on est, on ne peut pas être bien avec les autres : on cherchera toujours à s’accrocher à l'identité de quelqu’un d’autre. C'est donc très important que tous les enseignements que nous recevons par nos histoires et nos légendes puissent être mis en pratique.
Le voyage intérieur a commencé il y a plusieurs mois et ces jeunes femmes sont arrivées ici parce qu’elles le voulaient bien; elles voulaient vraiment jouer le jeu. Quand nous sommes arrivées ici, nous avons vu douze jeunes filles entrer et maintenant, ce sont douze jeunes femmes qui sortent. Et ce n’est pas seulement la nature qui a fait cela pour elles : c’est nous toutes.
Katsi Cook - Vous savez probablement, dépendamment de l’endroit d’où vous venez, qu’il existe plusieurs versions du mythe de la Création. Il existe néanmoins un thème universel : celui de cet arbre inversé dont les racines se trouvaient dans le ciel, ce qui avait rendu possible une porte entre la Route du Ciel et ce monde ici-bas. Et il y a eu cette femme qui tomba à travers ce trou : soit qu’on l’y eut poussée, soit qu’elle chuta simplement. Peu importe : elle tomba à travers ce trou. Et quand je m’imagine ça, je vois en regardant vers le haut, ce trou béant et cette femme qui en sort.
Dans une version du mythe, à mi-chemin dans sa descente vers la Terre – ou vers ce qui allait par la suite devenir la Terre -, un autre esprit la rencontre et la questionne sur sa chute. Il lui parle et la berce, en quelque sorte, parce qu’il est attristé de ce qui lui arrive et du fait qu’elle tombe ainsi à travers ce trou. Il lui dit également qu’il ne pouvait pas l’accompagner tout le long de sa descente, mais qu’il pouvait faire au moins cela pour elle.
C’est pourquoi, quand je pense à ce trou avec mes yeux de clinicienne, je vois un ovaire. En effet, lorsque les bébés filles viennent au monde, elles naissent en portant déjà dans leur petit corps tous leurs œufs pour leur vie entière. Et lorsque ces petits œufs commencent à vieillir pour former un ciste et éventuellement être expulsés de l’ovaire, il y a un espace vide, un trou, au milieu du corps de la femme et ce petit œuf tombe dans le vide, sans quoi que ce soit pour le retenir. Tout ce qu’il y a, ce sont les petits doigts des trompes de Fallope au milieu du bassin de la femme. Cela peut sembler être en quelque sorte un trou dans l’univers, par rapport au monde dans lequel nous vivions ici. Et ces petits doigts des trompes de Fallope aspirent et dirigent ce petit œuf à l’intérieur.
À environ un tiers du parcours à l’intérieur de ce tunnel (cela prend en tout six jours pour descendre jusqu’à l’autre extrémité), si la femme est chanceuse – ou malchanceuse, dépendamment de la façon dont vous le voyez – cet autre esprit arrive, vous savez, sous la forme d’un spermatozoïde. Ce spermatozoïde ne l’accompagne pas tout au long du parcours jusqu’à l’implantation, car il pénètre l’ovule et le féconde. C’est alors qu’un tout nouvel être prend forme.
Et lorsqu’on pense à cette histoire de la Création, peu importe quel est ce Monde du Ciel, l’univers qu’il habite nous est maintenant inconnu d’ici, mais nous savons qu’il y a eu ce trou et cette femme qui est tombée au travers et qui fut rencontrée par un autre esprit. C’est comme ça que je le vois. Je nous vois, nous les humains, comme l’incarnation de l’histoire de la Création qui se répète sans cesse.
Nous sommes l’histoire de la Création.
Louise McDonald - C’est le panier de la lune, c’est ce que les filles reçoivent quand elles ont leur lune. Chaque fille va remplir ce panier de tout ce qui est en rapport avec elle : son nom, son clan, ce qu’elle aime, ses chansons, sa langue, ses racines… tout ça. Chaque fille va conserver ce panier et quand elle va être mère, elle va retourner dans ce panier pour se rappeler qui elle est et se retrouver elle-même, car dans le panier, il y aura les graines de connaissances qu’elle pourra partager. Evelyne voici ton panier.
Evelyne St-Onge - Quand tu as su que tu étais enceinte, comment t'es-tu sentie? As-tu eu peur?
Laura Pinette - Je n'avais jamais pensé à la grossesse. On m'avait dit que ça allait être dur. J'ai déjà eu des problèmes au col de l'utérus. Depuis que je porte la vie, on dirait que je vais mieux.
Evelyne St-Onge - Oui c'est vrai, quand une femme est enceinte, on dirait que tout va mieux.
Laura Pinette -Depuis que je suis enceinte, je suis moins triste qu'auparavant. Avant, j'allais bien mais je revenais toujours dans mon état de tristesse. Depuis que je porte cet enfant, tout va mieux. Je suis heureuse d'avoir de la vie en moi. Depuis que je suis enceinte, je suis moins triste qu'auparavant. Avant, j'allais bien mais je revenais toujours dans mon état de tristesse. Depuis que je porte cet enfant, tout va mieux. Je suis heureuse d'avoir de la vie en moi.
Musique - Kathia Rock


1 commentaire

Billie Myes il y a 10 ans, 10 mois

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