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Canot

Matériaux et préparation

9:18 min. - « De cet arbre, je vais prélever les quatre pièces nécessaires au contour du canot. C'est ici qu'on commence à mesurer pour déterminer la longueur du canot. La mesure entre mon coude et ma main m'indique l'endroit du premier travers, le « petit travers ». » Jean-Baptiste Bellefleur, Innu de Unaman-shipu

Transcription

Jean-Baptiste Bellefleur - De cet arbre, je vais prélever les quatre pièces nécessaires au contour du canot. C'est ici qu'on commence à mesurer pour déterminer la longueur du canot. La mesure entre mon coude et ma main m'indique l'endroit du premier travers, le « petit travers ». Si j'ajoute une longueur équivalente à la mesure entre mes deux bras allongés, j'arrive au centre du canot; c'est l'emplacement du « travers central ».
Narration - Comme il faut pouvoir fendre l'arbre de façon bien précise, l'Innu utilisera un outil de bois bien séché. Il enlèvera le moins d'écorce possible afin de ne pas attirer les mouches.
Jean-Baptiste Bellefleur - Je me sers d'épinette pour les contours du canot et les travers. Cette essence n'a pas beaucoup de noeuds et est très souple. Par contre, j'utiliserai du sapin pour le fond du canot, question de le rendre le plus léger possible. Il faut bien vérifier des deux côtés pour voir si le bois est fendu égal.
Narration - Puisqu'il n'y avait pas d'écorce de bouleau sur la Basse-Côte-Nord, matériau essentiel au revêtement des canots, les Indiens se regroupaient en été et remontaient le fleuve afin de s'en procurer. Il leur arrivait même de se rendre jusqu'au lac Ontario.
Jean-Baptiste Bellefleur - Il faut que je fasse attention aux noeuds. Il me faut passer à côté.
Narration - Pour amincir les planches, Jean-Baptiste Bellefleur se sert d'un couteau croche, un outil universel que connaissent tous les Innus.
Jean-Baptiste Bellefleur - C'est cet arbre-là que je vais prendre! Voici un sapin bien droit et sans noeuds. Je vais en tirer les deux pièces du fond, c'est-à-dire la quille du canot.
Antoine Mark - À partir du moment où, enfant, on jugea que j'étais assez grand pour porter un canot, on m'en donna un. J'avais enfin mon propre canot avec lequel je pouvais transporter mes bagages et voyager tout seul. J'étais autonome! Je pouvais faire comme mon grand frère! Mais j'amenais mon petit frère avec moi.
Narration - Pour donner sa forme au canot, il faut que le bois soit assez assoupli pour bien se plier. Le constructeur en fera donc tremper les contours pendant une semaine. La quille du canot, elle, est séchée au soleil. Cette opération la rend plus facile à être ajustée au « couteau croche ». Une fois séchée, cette pièce de bois que l'on nomme « mishkuatak » sera fendue en quatre parties égales pour être placée aux deux extrémités du canot. Cette technique conférera une allure identique aux deux extrémités de l'embarcation.
Jean-Baptiste Bellefleur - Avec la corde je peux trouver le milieu de mes varennes. Il faut que la ligne du milieu que j'inscris sur les varennes corresponde à la ligne que j'ai tracée sur le centre de la toile. Je plie les varennes, une par une, afin de leur donner leur courbe. Ensuite, je les replierai en paquets de sept.
Les varennes sont taillées et pliées pendant que le sapin est encore vert. Je me sers de toile plutôt que de corde pour ne pas faire de marques inutiles sur le bois. Ces marques doivent être alignées avec la ligne centrale de la toile du canot.
Je vais ajuster ces varennes pour qu'elles soient collées les unes aux autres. Ensuite je vais leur donner de la rondeur de chaque côté, jusqu'au rebord. Comme la varenne est accotée après le rebord du canot, la pression s'exerce dans sa courbe.
Narration - Jean-Baptiste prépare six paquets de varennes. Même si chacun en contient sept, on n'en utilisera que six, la septième étant considérée comme varenne de remplacement. Pour les extrémités, les paquets n'en contiendront que quatre. Une fois le contour bien moulé et séché, il faut le percer complètement, pour pouvoir apporter les ajustements nécessaires.
Jean-Baptiste Bellefleur - Ce canot-ci a la même grandeur que celui que j'avais à La Romaine. Il peut contenir douze sacs de farine de 50 livres, une tente, un poêle, en plus de ma personne et de tous mes bagages. Ce gabarit est très ancien. Il vient de mon grand-père. Chaque morceau porte un nom. Le bois de ce gabarit vient de Mashkuanu. On le préserve et s'il se brise, on ne remplace que le morceau endommagé. En s'aidant de ce gabarit, les Innus revêtaient leurs canots d'écorce de bouleau, un matériau qui se trouve loin d'ici. De nos jours, on se sert de toile, ce qui rend l'opération beaucoup plus simple.
Musique - Rodrigue Fontaine, Bill St-Onge, Luc Bacon

Jean-Baptiste Bellefleur en train de mesurer un arbre avec ses bras
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mukutatsheu
il manie le couteau croche
natai-kukushu
remonter le courant à la perche
nishtamitakut
le devant du canot
nishtamitikutsheu
il rame en avant
pakauat
ils débarquent du canot
pimashu
il se déplace avec le vent
piutamu
il descend les rapides en canot
takuaitsheu
elle dirige le canot
tamatakuashkuat
gabarit du canot
uanikamuat
embarquement en canot
utakuai-papamishkauat
ils se promènent en canot en soirée



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